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ELIZABETH DE PORTZAMPARC published in NOUVEL OBS ° PHOTOS ZOLTAN

 
 

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ELIZABETH DE PORTZAMPARC º Paris

ARCHITECTURE







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Elizabeth de Portzamparc

s t y l e s




Née à Rio, jeune fille de la bonne société un rien décalée, elle rêve de marcher sur les traces de la féministe Jacqueline Pitanguy (la soeur d'Ivo, le célèbre chirurgien plastique), qui fut la première secrétaire d'Etat à la Condition féminine du Brésil. On est dans les années 70, et sous l'étouffant couvercle imposé au pays par la junte au pouvoir bouillonnent des idées de liberté et de justice sociale : de distributions de tracts en meetings interdits, Elizabeth prend des risques, sauvée par les relations de son père, à la tête d'un important cabinet d'avocats. Comme beaucoup de Brésiliens en exil (à commencer par le président Cardoso qui, à l'époque, enseignait à Nanterre), la voici à Paris, étudiante en sociologie du développement. « A l'époque, l'architecture m'apparaissait comme un luxe par rapport à la société », dit-elle. Elle rencontre Henri Lefebvre, s'initie aux problèmes urbains, soutient sa thèse de 3e cycle sur « L'émergence d'une nouvelle conscience sociale urbaine et l'architecture postmoderne » sous la direction de Chombart de Lauwe. A Saint-Quentin-en-Yvelines, elle engage une réflexion plus sociale sur les quartiers, et à la fin des années 70 se retrouve à la direction de l'atelier d'urbanisme de la ville d'Antony. Avec Henri Gaudin, qui l'influence profondément, elle a découvert que « les vrais problèmes se traduisaient dans la ville », d'où sa « déviation vers l'architecture ». Mais la rencontre décisive sera celle de Christian de Portzamparc, qui est avant tout pour elle « une rencontre humaine, un dialogue ». Elle s'émerveille de sentir entre eux une subtile ressemblance, « un effet de miroir », et n'évoque pas sans émotion ce voyage au Brésil où, tous deux habillés en jean avec casquette, on les prenait pour frère et soeur... Elément indispensable de tout Opéra qui se respecte, le grand escalier (« L'ai-je bien descendu ? ») ne saurait manquer aux ténors et aux divas. En voulant faire de la Tour d'Argent, brasserie au nom célèbre recréée à l'identique (et à grands frais !) lors de la construction de l'Opéra- Bastille, le restaurant de l'Opéra, il était donc logique de le doter d'une imposante volée de marches... et de le rebaptiser. Pour opérer la métamorphose, le groupe Flo, repreneur du lieu, a fait appel à Elizabeth et Christian de Portzamparc.

Mais si l'architecte de la Cité de la Musique a mis en place un élégant procédé pour filtrer la lumière du jour, c'est son épouse qui est responsable de l'ensemble du projet, comme elle le fut déjà pour le Café de la Musique à la Villette. Les Grandes Marches, avec un ample rez-de-chaussée teinté d'écarlate aux murs courbes revêtus d'une peau métallique, un escalier-sculpture imposant mais remarquable de légèreté débouchant, à l'étage, sur des ambiances vivement colorées ¹ rouge vif, bleu doux, violet profond ¹, une intimité de boudoir et des cascades de cristal pour les toilettes des dames en sous-sol, et jusqu'aux fauteuils asymétriques, tout en courbes, « comme une danse »... tout ici porte l'empreinte de la personnalité de cette Brésilienne, artiste avant d'être architecte, au parcours atypique...








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"Estaba Escrito " by Monna Bell in Pepi Luci Bom

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